Arrêter l’alcool peut provoquer des réactions très différentes d’une personne à l’autre.. Les mains qui tremblent, des sueurs, une nuit presque blanche, de l’anxiété, des nausées… ce sont des symptômes possibles du sevrage.
Mais tout le monde ne les ressent pas de la même manière.
Chez une personne qui boit beaucoup et régulièrement depuis longtemps, l’arrêt peut aussi provoquer des symptômes plus sérieux. C’est pour cette raison qu’en cas de dépendance physique, mieux vaut préparer le sevrage avec un professionnel de santé plutôt que d’arrêter brutalement seul.
Quels sont les symptômes du sevrage alcoolique ?
Il n’y a pas un seul symptôme qui permette, à lui seul, de reconnaître un sevrage alcoolique.
En pratique, plusieurs signes peuvent apparaître lorsque le corps, habitué à recevoir régulièrement de l’alcool, n’en reçoit plus. Certains sont physiques. D’autres concernent plutôt le sommeil, l’humeur ou l’anxiété.
Et parfois, les symptômes restent discrets.
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Les symptômes physiques du sevrage alcoolique
Les tremblements sont parmi les signes les plus connus. Ils touchent souvent les mains et peuvent être plus ou moins marqués.
On peut également transpirer davantage, avoir des nausées, parfois vomir ou ressentir des maux de tête. Certaines personnes se sentent très fatiguées. D’autres remarquent des palpitations, le cœur qui bat plus vite ou des troubles digestifs.
Il n’est pas nécessaire d’avoir tous ces symptômes pour vivre un sevrage. Deux personnes peuvent arrêter l’alcool au même moment et ne pas ressentir du tout la même chose.
C’est aussi l’intensité des signes qui compte.
Les symptômes psychologiques et neurologiques
L’arrêt peut aussi se faire sentir sur le plan psychologique.
L’anxiété est fréquente. On peut se sentir plus nerveux que d’habitude, irritable, avoir du mal à rester en place ou simplement ne pas se sentir bien.
Le sommeil peut lui aussi être perturbé. Une personne qui s’endormait facilement après avoir bu peut, une fois l’alcool arrêté, passer plusieurs nuits difficiles. Endormissement plus long, réveils fréquents, sommeil peu réparateur… ces troubles ne sont pas rares pendant cette période.
La concentration peut également être moins bonne pendant quelque temps.
En revanche, une forte confusion, des hallucinations ou des convulsions sont des signes d’une autre gravité. Il ne faut pas attendre qu’ils passent seuls.
Quand apparaissent les symptômes après l’arrêt de l’alcool ?
Les premiers signes peuvent arriver assez vite après le dernier verre ou après une forte diminution de la consommation.
Parfois, ce sont d’abord les mains qui tremblent. Chez quelqu’un d’autre, ce sera surtout une sensation d’anxiété, des sueurs ou une mauvaise nuit.
Il n’existe pas un scénario précis qui se répète chez tout le monde.
Prenons deux personnes qui boivent régulièrement. L’une peut ressentir relativement peu de symptômes après l’arrêt. L’autre peut vivre un sevrage beaucoup plus difficile, notamment si une dépendance physique importante s’est installée ou si elle a déjà connu des complications lors d’un précédent arrêt.
Le nombre de verres consommés donne donc une information, mais ne permet pas de prévoir exactement ce qui va se passer.

Quels sont les symptômes d’un sevrage alcoolique sévère ?
Tous les symptômes n’ont pas la même gravité.
Mal dormir, être anxieux ou avoir de légers tremblements n’est pas la même chose que devenir confus, avoir des hallucinations ou faire une crise convulsive.
C’est là qu’il faut être particulièrement vigilant.
Le delirium tremens
Le delirium tremens est une complication grave du sevrage alcoolique. [1]
La personne peut devenir très agitée et confuse. Elle peut ne plus savoir où elle se trouve, avoir des hallucinations et présenter d’autres troubles physiques importants.
Ce n’est pas une situation à gérer seul chez soi.
Le delirium tremens est une urgence médicale.
Convulsions, confusion et hallucinations
Une personne qui présente des convulsions après avoir arrêté l’alcool doit être prise en charge rapidement.
Même chose en cas d’hallucinations ou de confusion importante. Par exemple, si elle semble désorientée, tient des propos incohérents ou ne reconnaît plus correctement son environnement, il ne faut pas simplement attendre de voir comment la situation évolue.
Ces symptômes peuvent signaler un sevrage sévère.
Comment savoir si les symptômes viennent vraiment du sevrage ?
Ce n’est pas toujours évident.
Un mal de tête après avoir arrêté l’alcool peut être lié au sevrage. Mais on peut évidemment avoir mal à la tête pour beaucoup d’autres raisons. Même chose pour la fatigue, les troubles digestifs ou une mauvaise nuit.
Le contexte aide à comprendre.
Depuis quand la personne a-t-elle réduit ou arrêté l’alcool ? Quelle était sa consommation avant cela ? Plusieurs symptômes sont-ils apparus ensemble ? Prend-elle un traitement ? A-t-elle d’autres problèmes de santé ?
C’est en réunissant ces informations qu’un professionnel de santé peut mieux évaluer la situation.
Peut-on savoir à l’avance si le sevrage sera difficile ?
On peut évaluer le risque, mais pas prévoir exactement ce qu’une personne va ressentir.
Quelqu’un qui boit quotidiennement depuis plusieurs années et qui a déjà connu un sevrage compliqué n’est pas dans la même situation qu’une personne dont la consommation est moins régulière et qui n’a jamais présenté de symptômes importants.
Les antécédents comptent donc beaucoup.
L’état de santé général entre aussi en jeu, tout comme le niveau de dépendance et les éventuels traitements en cours.
Si vous avez déjà eu des convulsions, des hallucinations ou un sevrage difficile par le passé, dites-le au médecin avant un nouvel arrêt.
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Que faire si des symptômes apparaissent ?
Tout dépend de leur intensité, mais aussi de votre consommation avant l’arrêt.
Quelques symptômes légers ne signifient pas automatiquement qu’un sevrage va devenir grave. Il faut néanmoins surveiller leur évolution.
La situation est différente lorsqu’une personne boit beaucoup chaque jour, ressent déjà des signes de manque lorsqu’elle ne boit pas ou a connu des sevrages difficiles auparavant.
Dans ce cas, mieux vaut ne pas essayer de « tenir quelques jours » seul pour voir ce qui se passe. Un médecin doit évaluer le risque et proposer la façon la plus sûre d’organiser l’arrêt.
Demander de l’aide ne remet pas en cause l’objectif d’arrêter. Au contraire. Cela permet simplement de le faire dans de meilleures conditions.
Quand faut-il consulter rapidement ?
Dès l’apparition de tremblements, sueurs importantes, palpitations, anxiété ou agitation inhabituelle après l’arrêt ou la diminution de l’alcool, il est préférable de demander rapidement un avis médical. Ces premiers symptômes de sevrage peuvent s’intensifier et évoluer, dans certaines situations, vers des complications plus sévères.
La survenue de convulsions, d’hallucinations, d’une confusion importante ou d’une agitation majeure constitue un signe de gravité nécessitant une prise en charge médicale urgente.
Une dégradation importante de l’état général après l’arrêt doit également conduire à une évaluation rapide.
Et il n’est pas nécessaire d’attendre l’apparition de symptômes : si vous pensez être physiquement dépendant de l’alcool, il est préférable d’en parler à un professionnel de santé avant de diminuer fortement ou d’arrêter votre consommation. Cela permet d’évaluer le risque de sevrage compliqué et, si nécessaire, d’organiser un arrêt dans de bonnes conditions de sécurité.
Combien de temps durent les symptômes du sevrage alcoolique ?
Cela dépend du symptôme et de la personne.
Certains signes peuvent diminuer assez rapidement. Le sommeil, la fatigue ou l’anxiété peuvent parfois demander davantage de temps avant de s’améliorer.
Il n’y a donc pas un nombre de jours qui permettrait de dire : « après cette date, tout sera terminé ».
Une personne qui cherche à savoir précisément combien de temps son sevrage va durer doit tenir compte de sa consommation passée, de son niveau de dépendance, de son état de santé et de la façon dont les symptômes évoluent.
Peut-on réduire les symptômes du sevrage ?
Le premier réflexe n’est pas de chercher une astuce pour faire disparaître les symptômes. Il faut d’abord savoir s’il existe un risque de sevrage sévère.
C’est particulièrement important lorsqu’une dépendance physique est probable.
Un professionnel de santé peut faire cette évaluation avant l’arrêt. Selon la situation, le sevrage pourra être organisé à domicile avec un suivi ou nécessiter un encadrement plus important. Un traitement peut aussi être proposé lorsque c’est nécessaire.
L’idée est simple : arrêter l’alcool, oui, mais sans prendre de risque inutile.
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Sources
[1] Société française de médecine d’urgence (SFMU). Syndrome de sevrage alcoolique et délirium tremens. Urgences 2015, p. 4.

